À la fin de mes études en France en 2019, je retourne dans mon pays de naissance, la Chine, pour donner des ateliers artistiques aux écoles primaires chinoises. En début de 2020, je retourne en France pour donner les mêmes ateliers à deux écoles primaires de Charente.
Malheureusement ces ateliers en France ont été reportés à cause du confinement.
Je me souviens qu’en ce moment, c’était comme si le monde avait changé complètement en une journée. La ville était remplie de peur, de panique et de solitude. Les disputes entre les pays sont devenus de plus en plus graves.
Un jour, j’ai ouvert une vidéo que j’avais prise dans une école primaire en Chine, où les élèves chinois sont en train de Skype avec les enfants d’une école française. Dans cette vidéo, les enfants français chantent une chanson aux élèves chinois. Dans cette chanson, je n’ai jamais oublié une parole : L’amitié, c’est une étoile. On se regarde, dans un miroir.
Cette parole me rappelle le lien authentique entre les humains, la résonance qui existe malgré la distance, malgré la différence de culture…
À ce moment, il y a une sensation très forte qui apparaît à l’intérieur de moi : Je vais créer ce genre de lien avec mes ateliers, malgré les difficultés.
Avec cette conviction, j’ai attendu une année entière et enfin j’ai réussi à finir ces ateliers miroir franco-chinois avec les enfants français, en 2021. J’ai aussi fait une exposition à la médiathèque Alpha, Angoulême avec leurs dessins.
Peu à peu, je découvre qu’il n’y a pas que les enfants qui ont besoin de ce genre d’événement. Donc j’ai créé mon entreprise d’ateliers artistiques franco-chinois pour les adultes et les adolescents.
L’art est une façon très importante de créer le lien entre les humains.
Quand on regarde une œuvre d’art, même si on ne connaît pas l’artiste, on peut aussi ressentir ce qu’il ressent à travers son œuvre d’art.
C’est le moment où la résonance se créée.
Dans la notion Zen, on dit qu’il y a toujours une chose qui nous relie tous. On a tous la lumière innée peu importe d’où nous venons.
Personne n’est seul dans cet univers.
C’est pour ça que je voulais réunir mes ateliers d’art plastique avec la rencontre internationale, où il y a des participants francophones et des participants chinois. Je suis née en Chine, j’ai fait mes études en France. Il y a deux cultures qui se mélangent dans mon expérience. Là, c’est un moment et une occasion de les faire se rencontrer.
Bien sûr il y a toujours beaucoup de différences entre les individus et entre les cultures.
Si on se concentre souvent sur les différences entre nous, mais on oubli nos ressemblances. On a tous besoin de manger, on a tous besoin de boire. On a tous nos petites joies, on a tous nos peurs. On pense à pleurer quand on est trop tristes, et on est content quand on reçoit l’amour… On est tous sur la même Terre et on a besoin de l’un et l’autre.
L’art est une façon de nous prolonger très profondément vers l’intérieur, d’exprimer ce qu’on ne peut pas exprimer par des mots et ce qui est caché très profond en nous. La rencontre entre un dessin et soi-même, est comme la rencontre entre un humain et un autre humain, mais une rencontre intérieur. Cette résonance peut apparaître entre les êtres qui vient de n’importe quel pays, n’importe quel âge et même n’importe quelle époque.
Je veux qu’avec ce que je fais, il y ait au moins une personne en plus dans le monde qui puisse être touchée par ce lien. Malgré les disputes, les malentendus ou même la guerre qu’on expérimente, qu’il y a au moins une personne en plus dans le monde qui peut se rappeler de ce lien fort crée dans mes ateliers. Un lien crée par son propre dessin et celui des autres permet de retrouver sa force intérieure et l’espoir en notre avenir. Je veux bien faire l’effort pour cela et je veux bien vous inviter à venir et créer ce genre de lien pur, entre nous, avec nos propres main.
Pour finir cet article, je cite les paroles de Madame Stephanie D’Hose, président du Sénat Belgique qui me touche profondément et dont la notion ressemble beaucoup aux notions de mes ateliers. Cette parole a été donné dans le vernissage de l’exposition « Made in China » (Exposition de bandes dessinées chinoise) à Gent (Belgique) au début Mars, 2023 :
The value of this cultural dialogue, this exchanging of ideas and cultures, can in no way be overestimated.
La valeur de ce dialogue culturel, de cet échange d’idées et de cultures, ne peut en aucun cas être sous-estimée.
As a politician, I notice every day how there are still gaps in our societies. Between citizens and their parliaments, between people of different backgrounds, and between nations.
En tant qu’homme politique, je constate chaque jour combien il y a encore des lacunes dans nos sociétés. Entre les citoyens et leurs parlements, entre des personnes d’horizons différentes et entre des nations.
If we don’t know each other, if we don’t understand each other, or don’t know how to respect one another’s viewpoint, our relationships will run aground.
Si nous ne nous connaissons pas, si nous ne nous comprenons pas, si nous ne savons pas respecter le point de vue de l’autre, nos relations échoueront.
But if we keep the dialogue alive, and use our respective cultural expressions as a jumping-off point, we will come closer together.
Mais si nous maintenons le dialogue vivant et utilisons nos expressions culturelles respectives comme point de départ, nous nous rapprocherons.
Polarisation is a tale of all ages. So there is no need to be defeatist about it. But, we do need to work on solutions. We need to support initiatives that bring us closer together. That inspires us to talk to each other and to get to know one another.
La polarisation est un conte de tous les âges. Il n’y a donc pas lieu d’être défaitiste. Mais nous devons travailler sur des solutions. Nous devons soutenir les initiatives qui nous rapprochent. Cela nous donne envie de nous parler et d’apprendre à nous connaître.
That is the most effective antidote against polarisation.
C’est l’antidote le plus efficace contre la polarisation.